La fille dont tout le monde reve, part I

Pumpkin est la fille dont tout le monde rêve. Belle, intelligente, elle étudie la psychologie à Nanterre, et finance ses études en travaillant comme standardiste dans la société où Crouton travaille, chez Soup Inc. D’origine colombienne, elle a cette peau mate et ces cheveux noirs bruts qui contrastent si magnifiquement avec ses yeux vert clair. Un chef d’œuvre et une crème, puisque cette fille est la bonté incarnée.

Caouette l’a rencontrée dans un bar. Caouette aime les bars. Surtout ces bars lounge, où les lumières sont douces, les bougies envoûtantes, les filles jolies et les canapés moelleux. Caouette adore ces ambiances, surtout dans les quartiers populaires. Il aime à se sentir au contact du peuple, lui qui souffre tant, c’est sa façon à lui de dire au monde à quel point il se sent proche d’eux. Il tente d’exprimer cette proximité pendant son cours de peinture du Samedi matin, car l’art est pour lui le meilleur moyen donné aux hommes de communiquer (ce qui lui permet d’etre en accord avec sa conscience quand il s’agit d’ignorer ces gens pauvres dont il fantasme le vécu). Toujours fasciné par une beauté exotique, Caouette a vu ses yeux écarquillés à la vue de la douce colombienne. Son cœur palpite, une douce euphorie s’empare de lui et vient se traduire par une forte bouffée de chaleur très agréable, comme sous l’effet d’une surdose d’anti-inflammatoires. Le nirvana cède vite sa place à l’angoisse, cette fameuse angoisse de l’approche que tant d’hommes redoutent, comme s’ils pensaient que la belle allait sortir un fusil de chasse de son sac Lancel, acheté soldé pendant les 3J des galeries lafayette.

Son approche fut aussi nulle que son discours, Caouette étant de ces hommes qui parlent énormément mais ne disent rien, voguant entre expériences fantasmées dans des contrées lointaine et exotiques, et admiration des classes populaires dont ils vivent pourtant à distance, ces quelques mètres qui séparent une vie grise et angoissante d’une vie radieuse et insouciante, dans les bras de Paris la pute. Mais Pumpkin est une fille gentille, adorable même, et sa bonté lui permet de transcender la médiocrité perceptible, et de palper ainsi un sentiment de pureté dans les propos du bobo parisien. Pumpkin craint une nouvelle relation. Elle n’a pour ainsi dire jamais eu d’histoire heureuse, l’intégralité de ses romances se sont avérés poursuivre le même schéma décadent, allant de manque de respect à violence verbale, avec un passage par la case gifles. Aimanter les batards, telle est sa hantise, alors elle décide de prendre le sort à contre-pied, en ouvrant les portes de son intimité au premier qui lui paraitra innofensif.

Caouette est aux anges, voila deux semaines qu’il sort avec Pumpkin. Il sait tout de son histoire, et se demande comment des hommes peuvent ils être aussi cons pour avoir laissé passer leur chance avec elle. « Aveugles, abrutis !! » s’écrie t-il alors qu’il se dirige vers un bar à chicha, près d’Abbesses, Calogéro dans l’iPod Touch. Une fille comme elle se protège, se savoure et se déguste, mais l’ignorance des uns fait le bonheur des moins incultes. Il se laisse envahir de la vanité de l’amoureux, de ce sentiment irrépréssible qui vous fait sentir meilleur que la masse, alors même que vous avez pu obtenir votre histoire d’amour grâce à votre énorme médiocrité. Les premières semaines sont timides, Caouette envoie quelques textos, auxquels la belle répond dans la seconde, toujours très enjouée. Les rendez-vous se fixent à l’initiative du bobo, très facilement puisque la brune ténébreuse est toujours disponible.

Quand ils sont ensemble, Caouette n’ose pas toujours. Il a du mal à comprendre ce que veut Pumkin, puisqu’elle semble aussi enthousiaste à répondre à ses approches qu’appliquée à ne pas être la première à les faire. Au lit, malgré les soirées passées à se masturber en pensant à elle, l’appétit de Caouette pour sa colombienne commence à décroitre. Elle semble pourtant avoir une libido intarissable, un appétit sexuel féroce, source d’actes à répétition, des actes où elle est au centre de l’attention, recoit beaucoup, mais ne donne rien. Maniable, elle est la soumission incarnée, une vraie poupée gonflable, avec ses qualités (souple, malléable, etc…), et son gros inconvénient, à savoir l’impression de baiser un cadavre qui respire. « Putain !! » Caouette le fils d’avocat se réveille, essaie alors de chasser ces pensées trop lucides, et décide d’effriter un petit peu d’herbe dans sa chicha pour s’évader, pour passer du 18ème à l’orient, sous les regards de haine des habitants du quartier voisin de la Goutte d’Or.

to be continued…

3 Responses to “La fille dont tout le monde reve, part I”


  1. 1 hayke jan 5th, 2008 at 19:57

    Je sais pas pourquoi mais j’ai comme l’intuition que Caouette risque d’en prendre pour son grade ;-)

  2. 2 yacine jan 23rd, 2008 at 22:36

    Et la suite? tu pionces ou quoi ? :)

  3. 3 Le Parasite jan 30th, 2008 at 0:50

    la suite est en ligne ;)

Leave a Reply