previously, on Soup Story:
Pumpkin est la fille dont tout le monde rêve(…)Caouette l’a rencontrée dans un bar.(…)Aimanter les batards, telle est la hantise de Pumpkin, alors elle décide de prendre le sort à contre-pied, en ouvrant les portes de son intimité au premier qui lui paraitra innofensif.(…)Voila deux semaines que Caouette sort avec Pumpkin(…)Il a du mal à comprendre ce que veut Pumkin, puisqu’elle semble aussi enthousiaste à répondre à ses approches qu’appliquée à ne pas être la première à les faire.
Être attentionné, faire des compliments, être doux, sincère et drôle, palpitant et passionné, car ambitieux et concerné. Il n’est pas possible de se rendre compte de l’exigence de l’amour que lorsque l’on est avec une personne que l’on n’aime pas.
Caouette apprend cette leçon, voit de ses yeux de naïf amoureux peu expérimenté la violence de la réalité de la femme, la violence de la réalité de l’amour, pour celui qui n’aime pas. Pumpkin reste cette sombre et romantique rêveuse, qui fait se retourner les hommes dans la rue, fantasmer ceux qui la fréquentent, et jalouser ses consoeurs. Que rêver donc de plus pour celui qui a souffert de ne pas être aimé pendant si longtemps, après ce fameux désastre amoureux d’il y a deux ans, dont il ne s’est jamais vraiment remis. Que rêver de plus qu’une fille douce, gentille et belle, qui lui offre de l’affection et de l’amour, du pur, du vrai, du véritable, celui qui grandit quand les défauts apparaissent, qui voit de la tendresse dans la médiocrité et la maladresse, celui qui fait briller les yeux lorsque son homme lui sourit. Caouette a tout, et c’est bien ca son malheur. Fantasmer une vie est souvent plsu excitante que de la vivre. Le rêve est une idéalisation à laquelle correspond forcément une déception. La différence entre les deux, c’est la vie. Vivre un rêve, c’est en faire le deuil, et en être décu car rien n’est parfait.
Il ne peut plus feindre. Caouette est trop sincère avec les gens et avec lui-même pour se mentir à lui-même ainsi qu’aux gens. Lui qui vit en symbiose avec son corps est rappelé à l’ordre quand il est avec sa tendre, et qu’il est pris de frissons de dégoût et d’absence d’érection. Les choses les plus simples lui demandent alors des efforts surhumains : caresser son dos, quand elle le prend dans ses bras après l’orgasme, atteignant là son pic de bonheur au moment même ou Caouette est prisonnier de son malaise post-coïtal et voit naitre en lui des idées violentes et un dégout profond ; la regarder dans les yeux pendant qu’il la pénètre, alors même qu’il pense à Pooky, la belle chanteuse chauve qu’il a vu à la Soup Bastille ; passer la nuit près d’elle, sentir ses attentes, ses doutes, et être incapable de la rassurer.
Loin de la savoir, Caouette est bon comédien. Pumpkin se dit que c’est sa facon à lui de voir les relations amoureuses, allant doucement au début, de peur d’être déçu, avant de se jeter corps et âme dans le précipice des sentiments. Malheureusement pour elle, l’attraction n’est pas un choix. Elle dépend de facteurs émotionnels précis qui se déclenchent plus ou moins facilement selon les types de comportements. Ainsi, et sans le savoir, Pumpkin est plus amoureuse chaque jour car Caouette ne prend pas le temps de lui écrire, ni de l’appeler. Il est occupé se dit elle. L’être humain est une autruche, toujours surpris de tout, et toujours décu de ne pas avoir su anticiper et lire des signaux pourtant si évidents à posteriori. Caouette ne lui écrit pas car Caouette ne pense pas elle. Son sentiment de défi face à un homme si peu jaloux la fait s’attacher encore plus à notre bobo de Montmartre, quand celui-ci se moque juste éperdument de la voir dans les bras d’un autre homme, voyant cela comme une belle opportunité de lui faciliter la pénible tâche de la rupture. Elle a ces yeux amoureux qui rajoutent à la réalité ce voile obscur d’onirie et de fantasme, pour finalement réinventer le réel. L’absence de discussion devient du mystère pour elle, donc de l’excitation, alors qu’il ne prononce mot afin de ne pas lui donner d’autres perches lui permettant de parler. Car elle rationalise tout sous le même dénominateur commun, sa facon éperdue et torride de lui faire l’amour. Elles s’accrochent toutes à cela, la femme ayant une sensibilité particulière à son corps, dont la détermination antropologique est d’enfanter. Un rapport profond très intime que ne connaît pas l’homme, et son marteau piqueur si facilement exhibé, outil de butinage généralisé. La femme et son besoin de plénitude, Pumpkin et sa jouissance à l’idée d’être saisie, prise par des mains à la fois fermes et tendres, qui malaxent ses seins pendant que les bruits de claquement s’entendent jusqu’au 5ème étage. Une facon brutale de faire l’amour, de la retourner, de la prendre par derrière qui la porte au septième ciel, qui déclenche chez elle se sentiment si féminin d’être totalement possédée, dominée, fermement tenue, ce qui sont les conditions idéales pour atteindre l’orgasme. Une litanie amoureuse bien loin de la vision de Caouette, qui veut simplement la prendre par derrière pour ne pas voir sa tête, et la baiser comme une chienne car c’est l’unique manière de contrôler ses envies de violence post-éjaculation.
Une fois la graine ejectée, le temps du malaise est de plus en plus violent chaque jour, une douleur interne beaucoup plus forte que toutes les pulsions sexuelles réunies, une somatisation qu’il interprète rationnellement comme une contradiction énorme entre son souhait, aimer une femme qu’il le fasse sentir vivant, qui lui pose un défi permanent et le pousse à la séduire constamment, et un objet soumis, un caméléon qui s’adapte à ses moindres faits et gestes, à ses moindres souhaits et caprices, pour qui sa parole est d’or et ses actes d’argent. Une boule au ventre au royaume du bobo, nanti depuis toujours et élevé dans l’ataraxie. Un signal qui brise un peu plus sa naïveté de jeune, qui pensait encore qu’une fille aimante et innofensive représente l’objectif absolu et imbattable de tout homme normalement constitué. Il se comprend un peu moins et se dégoute un peu plus, là, au milieu de son king size bed et cette belle brune qui l’enlasse en le regardant amoureusement. Il réalise que la beauté n’est pas l’attraction, que l’attraction est l’essence de l’amour, et qu’elle dépend de cette capacité qu’à l’autre à vous faire sentir exister, à vous sentir vivre de l’intérieur, vous donne envie de vous battre pour la garder… Il vient de prendre dix ans.
Ah ! Enfin la suite
Un petit effort parasite:
Il est dommage qu’un texte d’une qualité aussi extrême recèle quelques fautes d’orthographe…
Dans le 1er paragraphe après la quote, c’est du plagiat de Montherlant, “les démons du bien” !!
Mais c’est pour ça que j’aime ces textes qui compilent des auteurs tels Soral, OXMO, Montherlant, etc…
???
jamais lu Monterlant.
Mais content de l’apprendre lol